EUTHANASIE

Un homme sans mémoire, privé de mouvement,
Gît sous les appareils qui rythment son tourment.

L’indicible souffrance broie son âme et son cœur,
Le cloue sans réaction sur son lit de douleur,
Tel un martyr mourant sur sa couche d’épines.
Un grand cri silencieux montant de sa poitrine,
Etouffé dans sa gorge, ne franchit pas ses lèvres.

Son regard implorant, seul, dénonce la fièvre
Qui lui ronge les os et putréfie sa chair.
Chacun, autour de lui, conscient de sa misère,
Palabre vainement, veut donner son avis
Sur l’opportunité d’interrompre sa vie
Ou de laisser œuvrer son destin maléfique.

Se retranchant à l’ombre des versets bibliques…
La conscience assoupie par la thérapeutique,
« Tu ne tueras point »  clame le catholique.

« J’ai fait piquer mon chien » affirme alors l’athée,
« J’ai abrégé sa vie par pure humanité
 « L’homme autant que la bête a le droit de mourir »
« Arrêtons sa souffrance, aidons-le à partir

Le jugement des hommes, ici,  est sans recours…
-Dura lex-  en son nom qui se veut sans détour,
La science le condamne à sa paralysie,
Réfutant tout appel au choix d’euthanasie.

                                                                                                Andrée Maurin – 15 mars 2011