Les 2% des personnes adultes les plus riches du monde détiennent à eux seuls plus de la moitié de la richesse globale et la moitié d’entre eux  40% des biens de la planète.
A l’inverse 50% de la population mondiale ne possède qu’à peine 1% de cette richesse mondiale.
Pour les revenus en France si les 10% les plus pauvres ne reçoivent que 3,7%, les 10% les plus aisés perçoivent le quart du total de revenus.
Ainsi 2700 personnes déclarent plus de 2030000 euros de revenu annuels (soit 2,4 milliards de FCP).

Parmi elles, Mme L. Betancourt avec un patrimoine de 1865 milliards (de francs pacifiquesd) perçoit entre autre 32,4 milliards de francs de dividendes de La société l’Oréal et reçoit 3.6 milliards de remboursement au titre du bouclier fiscal qui lui évite de payer en impôts plus de moitié de son revenu imposable,
Son gestionnaire a déclaré qu’ainsi, au bilan, son taux d’imposition n’était que de 9,7% rapporté aux revenus déclarés.

Certains scientifiques veulent expliquer l’économie en faisant des comparaisons avec les systèmes physiques. Ainsi la loi de PARETO (économiste de l’époque classique) démontre que la répartition des richesses se fait toujours de manière inégalitaire, entre très peu de riches, une petite classe aisée ou moyenne et une grande majorité de pauvres. Pour eux cette loi est toujours vérifiée et concerne des acteurs jugés rationnels (c'est-à-dire parfaitement égocentriques, ndlr).
Une société plus altruiste modifie selon une courbe de Gauss cette répartition traditionnelle
et entraîne un changement avec une expansion conséquente de la classe moyenne (époque moderne des sociétés occidentales) qui devient majoritaire.
Les pauvres devenus minoritaires le sont à dû proportion tout autant que leurs prédécesseurs et les écarts entre les revenus des classes moyennes et ceux des super-riches ont augmentés.

Aujourd’hui la population mondiale (notre espèce humaine) a les moyens de vivre autrement, dans l’égalité, le partage des ressources et des savoirs.
ET pourtant rien de change malgré les habituelles initiatives individuelles voir associatives dont l’action reste à la marge de la vague de fond des sociétés.

L’économie est un domaine qui interagit avec la notion de bonheur, la vie personnelle et sociale. Certains philosophes prétendent que la conscience humaine permet d’obtenir  rationnellement les connaissances nécessaires à la réduction des inégalités. Et les « agents » que nous décrit la science économique sont aussi des hommes et des femmes dotés de sentiments, de motivations et d’une certaine capacité à être heureux et à souffrir.
MAIS rien ne change, sinon à la marge, comme si pour le système l’être humain ne comptait pas.
C’est cependant l’être humain qui fonde le système et l’explication est à chercher dans celui-ci.
La sociologie et l’anthropologie nous apprennent que l’être humain est fondamentalement un être social situé dans la dépendance à l’autre. Autrement dit la conscience de soi qu’il s’est acquise s’est construite à partir de l’autre.
Voila pourquoi si par choix, en grande partie inconscient, notre individu autonome va se conformer à la société de laquelle il est issu est aux grands principes qui la régissent : économiques, culturels et sociaux. Mais aussi parce qu’il est sujet face l’autre qui est l’objetpour lui ce qui va compter essentiellement ce n’est pas le patrimoine ou le revenu  mais bien davantage l’écart avec ses voisins : l’autre (« être heureux dans la vie c’est gagner 10000 francs de plus que son beau-frère »).
« L’homme est avide non pas de richesse mais d’enrichissement ».

Les sociétés changent mais les comportements se reproduisent car le désir explique le philosophe René Girard est mimétique.
C'est-à-dire que loin d’être autonome, notre désir est toujours suscité par le désir qu’un  autre – le modèle – a du même objet. Ce qui signifie que le rapport n’est pas direct entre le sujet et l’objet : il y a toujours un triangle. A travers l’objet, c’est le modèle qui est recherché. René Girard qualifie le désir de métaphysique dans la mesure où, dès lors qu’il est autre chose qu’un simple besoin ou appétit, il est aspiration, rêve d’une plénitude attribuée au médiateur ; « tout désir est désir d’être ». En cela, et toujours contrairement au besoin, il a un caractère infini.
N’étant pas objectif il est à l’origine de toutes les inégalités.