Nous nous contenterons de réfléchir abstraitement sur le sujet, sans interroger la question du mérite dans la redistribution, impliquant certaines politiques plutôt que d'autres. De plus, notre visée se fonde plus sur la question des richesses naturelles que sur les richesses produites, encore que..



Partager c'est diviser un tout en plusieurs parts pour une redistribution, une répartition. Derrière cette action de redistribution se tient la question de l'égalité ou de l'équité de la part octroyée.
A noter que l'idée de part redonnée implique automatiquement la reconnaissance d'autrui afin de l'inclure dans le partage.
En poursuivant l'enquête, on découvre d'autres notions ou principes qui se déclinent de cette reconnaissance essentielle de l'autre.
-Notamment une notion de générosité et d'ouverture au travers du don, qui s'oppose à l'égoïsme et à la fermeture.
-On découvre aussi l'idée de Justice en rapport avec la mesure des parts redistribuées. Soit au travers de l'équité : à chacun une part spécifique en fonction de ses mérites ou d'autres paramètres. Soit au travers de l'égalité : la même part pour chacun sans distinction.
- L'idée de Paix : si tout le monde reçoit quelque chose, la jalousie, l'envie, voir le manque sont réduit. C'est le manque qui entraîne le désir, le besoin, la revendication et le conflit. 

Il y a comme une notion de plénitude dans le partage au sens où tout le monde étant "recevant", chacun est rempli, chacun est plein... Et on ne se trouve pas avec du plein d'un coté et du vide de l'autre. C'est ce déséquilibre qui entraîne la disharmonie et le conflit.

partage_argent_profit_7787b

Ainsi, le principe de partage semble contenir en lui-même les réponses à la questions que le sujet pose. A bien ausculter cette notion, on peut même avancer qu'elle est empreinte d'une certaine sagesse, d'un humanisme fondé sur la fraternité reconnue de chaque être humain. Elle contient un souci de bien commun partagé qui cherche à éviter l'exclusion d'une partie pour la partage du Tout. A travers le partage, il y a le désir de vivre "bien" ensemble, d'évoluer ensemble, de progresser ensemble dans une richesse partagée qui entraîne normalement la paix. Du moins, elle minimise un forme de guerre fondée sur la revendication, la misère, la souffrance due au manque.

Le contraire du partage est la monopolisation, la thésaurisation, la conservation, la concentration au profit d'un seul ou de quelques uns.
On peut considérer que le partage entraîne un mouvement vers la redistribution, une dissémination vers la multitude pour éparpiller la richesse (peut importe sa forme) et lui permettre de vivifier ceux qui la reçoive. On peut escompter aussi un effet multiplié de cette richesse distribuée, compte tenu du nombre qui la reçoit et l'intègre et la transformer pour générer à nouveau quelque chose. Enfin, si le mouvement égal la vie, alors cette mise en mouvement par le partage est la continuation du mouvement incessant de la vie qui produit et distribue à tous sans distinction.

Au contraire, la monopolisation est une limitation de la redistribution, voir un arrêt du mouvement, et donc ressort plus de la mort. L'énergie est bloquée, arrêtée ou elle n'alimente qu'une partie du système tandis qu'une autre n'est pas ou mal irriguée. La croissance n'est pas harmonieuse par effet de carence dans certaines parties. L'effet multiplicateur ne joue pas pleinement. L'absence de partage augure de stratégies de domination et d'une déviation funeste de la vie mentale. Mais aussi d'un attachement maladif et d'une volonté de "ne pas lâcher". 
L'éducation doit insister impérativement sur cette notion naturelle.


BD04964_


L'étude de la notion de partage nous révèle son côté écologique. La Terre et la Nature est ce Tout qui se donne à nous et que nous habitons tous. Par exemple, le Soleil et l'air se donnent pour tous sans distinction et nous les partageons inconsciemment.
Quant aux ressources naturelles réparties sur la planète, n'est ce pas l'occasion de faire œuvre d'humanité que de les partager en se souvenant que nous sommes une seule race sur une seule planète. Finalement, cette réalité unitaire et indépassable nous invite à une conscience de partage.

Contre une exploitation capitaliste sur un mode compétitif, il y a une alternative écologique fondée sur un mode de partage et de coopération. A cet égard, le partage remet en cause le droit de propriété, notamment au niveau des ressources naturelles et donc des biens qui sont produits à travers elles. Es-il encore adapté pour un changement de paradigme quand à la façon d'habiter la terre dans une nouvel âge?

En guise de conclusion, notons une dernière notion mis en valeur à travers le partage : le plaisir. "Un bien n'est agréable que si on le partage" disait Sénèque, "On ne jouit bien que de ce que l'on partage", Madame de Genlis ou encore ce proverbe français "Plaisir non partagé n'est plaisir qu'à moitié". Il semble à l'évidence qu'en plus d'apporter la paix et la justice, il génère une joie et un bonheur dans le seul fait d'opérer cette action envers autrui. Le partage n'est-il pas l'idée de fraternité mis en œuvre concrètement?


fichier ici =>le_principe_de_partage_peut_il_garantir_la_paix_et_la_justice_